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Au conseil régional, l’embarras après le départ (attendu) de Muselier des LR

En politique, on choisit sa famille. Et pour l’heure, Renaud Muselier, le président de la région
Provence-Alpes-Côte d’Azur, a décidé de marcher seul. Après 35 ans passés dans les rangs de la droite, du RPR à LR en passant par l’UMP,
Renaud Muselier a claqué la porte de la demeure familiale. Sur LCI ce mercredi matin, il a motivé sa décision en questionnant « la porosité avec l’extrême droite » de son désormais ex-famille, notant « des errements irréconciliables ». Avec dans le rôle du cousin gênant des dîners auxquels on finit par ne plus aller, Éric Ciotti, candidat à la
« primaire » LR. Un départ qui semble toutefois précipité par la disgrâce que lui a infligée Xavier Bertrand, également en lice pour être le candidat des
LR à la présidentielle, qui a publiquement refusé le soutien de Renaud Muselier après que ce dernier a dénoncé « la dérive » d’
Éric Ciotti. Difficile dans ces conditions de rester à table.

« Je comprends cette décision de Renaud Muselier, qui n’a pas été prise de manière hasardeuse », a réagi Pierre-Paul Léonelli (LR) le président du groupe « Notre région d’abord », majoritaire au conseil régional. Saluant une « décision d’éthique », Jean-Paul Léonelli a assuré le président de Région de « [la] fidélité et [l]’enthousiasme collectifs » de son groupe. Entre les lignes, on comprend aussi que la séquence politique liée au congrès des LR – qui désignera leur candidat à l’élection présidentielle tout début décembre – pourrait sceller son propre avenir politique. « Il y a une déviance au sein de notre famille politique (…) et une surenchère. J’ose espérer que l’issue du congrès ne trahisse pas notre histoire », ajoute le soutien Michel Barnier.

« Renaud Muselier incarne le « RPR canal historique » », considère François de Canson (LR), vice-président en charge du développement économique à la région qui « comprend parfaitement » aussi la décision de celui qui « a toujours combattu le FN ». Pour lui, son départ des LR n’est pas de nature à remettre en cause la « majorité plurielle » de l’assemblée, également composée de Marcheurs intégrés dès le premier tour de l’élection régionale. Mais pour l’heure, ce dernier est concentré sur « la préparation de la présidentielle avec [s]on parti ».

« On savait très bien que ça allait finir comme ça »

Chez ceux évincés de la liste du scrutin régional au profit de l’intégration de Marcheurs, l’annonce ne surprend pas plus. « On savait très bien que ça allait finir comme ça », explique Philippe Maurizot, élu LR de Fos-sur-Mer, écarté de « façon peu élégante » de la liste au printemps dernier. « La position, pardonnez l’expression, du « cul entre deux chaises » est la moins confortable ». Reste que dans les rangs LR de la région peu se sont laissés aller à commenter immédiatement la situation. Martine Vassal, la présidente du département et secrétaire départementale LR, n’a pas souhaité réagir, de même que Nicolas Isnard, ou Marion Bareille ou Ludovic Perney, secrétaire général adjoint des LR qui n’ont pas répondu à nos sollicitations.

Dans les rangs de ceux qui ont déjà sauté le pas, Jean-Pierre Serrus, en charge des transports et de la mobilité durable, (ex-LR passé à LREM en janvier 2018) assure « que la majorité s’est fixée comme règle de dépasser les partis et demeure dans cet esprit ». Lui aussi a quitté les LR à cause de « l’antagonisme sur un sujet aussi crucial que le front républicain ». Sans aucun doute, cette question va continuer dans les mois et semaines à venir à secouer la famille LR, en Paca comme ailleurs.

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