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le procès des treize personnes jugées pour le cyberharcèlement de la jeune femme s’est ouvert à Paris

Le procès de treize personnes, jugées pour avoir cyberharcelé, voire menacé de mort l’adolescente Mila après sa publication en novembre d’une vidéo virale dans laquelle elle s’en prenait vertement à ses détracteurs, s’est ouvert jeudi 3 juin devant le tribunal correctionnel de Paris.

L’après-midi sera entièrement consacré aux nombreux incidents de procédure soulevés par la défense et le fond de l’affaire ne sera abordé que lors d’une audience ultérieure, dont la date n’est pas encore connue. Le tribunal est également saisi de plusieurs demandes de renvoi.

Mila, qui vient de fêter ses 18 ans et qui vit sous protection policière depuis la publication d’une première vidéo critiquant le Coran et l’islam en janvier 2020, est arrivée au tribunal sous une nuée de caméras, sans faire de déclaration. Cheveux clairs rasés au-dessus des oreilles, vêtue d’un haut rouge et d’un pantalon noir, la jeune femme a pris place sur le banc des parties civiles. Elle a fixé les prévenus, selon une journaliste de franceinfo présente sur place.

On ne voit qu’elle #Mila, dans la salle debout, elle fixe ceux qui l’ont menacée, harcelée. Sur les 13 prévenus, ils sont 5 sur le banc, 2 filles et 3 garçons à fixer leurs chaussures, éviter de croiser le regard insistant de Mila. Des jeunes de 18 à 30 ans au profil ordinaire.

— Gaële Joly (@joelgaly) June 3, 2021

Agés de 18 à 30 ans et originaires de toute la France, ces derniers, pour la plupart sans antécédents judiciaires, comparaissent tous pour « harcèlement en ligne ». Certains sont également renvoyés pour « menaces de mort » et l’un d’eux pour « menace de crime ». Ils encourent deux ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende pour le harcèlement en ligne, trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende pour les menaces de mort. 

Placés en garde à vue dans le cadre d’une enquête menée par le tout nouveau pôle national de lutte contre la haine en ligne, ils ont en grande partie reconnu être les auteurs des messages et ont dit les « regretter ». « On n’était pas obligé de perquisitionner, on n’était pas obligé de le placer en garde à vue, on n’était pas obligé de le renvoyer devant un tribunal correctionnel, a dénoncé jeudi l’un des avocats de la défense. Cela montre qu’on avait envie de mettre la lumière sur une nouvelle infraction [mais] on n’a peut-être pas, s’agissant de mon client, opéré de la bonne manière et de manière proportionnelle. » 

La loi renforçant la lutte contre les violences sexuelles et sexistes prévoit en effet depuis 2018 que le cyberharcèlement puisse être constaté dès le premier message d’un individu, et non plusieurs comme précédemment, dès lors que cette personne sait que d’autres messages identiques visent la victime.

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