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« Il est temps, les femmes n’ont plus le temps d’attendre », affirme une association

« Il est temps, les femmes n’ont plus le temps d’attendre », réagit lundi 7 juin sur franceinfo, Sandrine Trichard, co-fondatrice de l’association Les matrikas, qui milite pour le droit à la parentalité pour tous et pour l’égalité d’accès à la santé reproductive. Le projet de loi bioéthique et sa mesure phare d’ouverture de la PMA pour toutes sont au programme de l’Assemblée nationale lundi. Elle estime cela dit que la levée de l’anonymat des donneurs de gamètes pourrait mettre à mal les réserves : « On va se retrouver dans une situation où on n’aura plus beaucoup de donneurs, c’est inquiétant », indique Sandrine Trichard.

franceinfo : Dans votre association, constatez-vous beaucoup d’inquiétudes et de colère de la part des femmes qui attendent la PMA ?

Sandrine Trichard : Les femmes attendent aujourd’hui depuis plus de dix ans. Cela fait dix ans que les gouvernements successifs promettent l’ouverture de la PMA pour toutes et l’autoconservation des gamètes sans motif médical. Aujourd’hui, c’est une réelle avancée, on attend ce vote avec beaucoup d’impatience. Il est temps. Les femmes n’ont plus le temps d’attendre. On a toute une réserve ovocytaire qui diminue en fonction de l’âge et une qualité qui diminue aussi en fonction de l’âge. Il y a des femmes qui ne peuvent plus du tout attendre.

Aujourd’hui, lorsqu’on est une femme célibataire et qu’on veut un enfant, c’est le parcours du combattant ?

C’est le parcours du combattant, parce qu’aujourd’hui en France on n’est pas entendu, on n’est pas accompagné. Il y a une vraie discrimination à la santé reproductive, puisque c’est illégal. Aujourd’hui, les femmes qui sont seules et qui veulent avoir un enfant n’ont pas d’autre possibilité que d’aller à l’étranger, en Espagne, en Belgique, au Portugal, dans d’autres pays européens qui eux sont déjà bien avancés sur la problématique. Sur la question, la France est très en retard. On espère vivement que ce projet puisse passer et puisse être appliqué pour permettre à toutes les femmes célibataires et tous les couples lesbiens de pouvoir enfin être acceptés, être entendus, être accompagnés dans leur propre pays.

Cette loi doit aussi lever l’anonymat des donneurs de gamètes. Cela signifie qu’un enfant né d’une PMA pourra obtenir des informations sur son géniteur, et dans certains cas connaître son identité. Craignez-vous que cela dissuade des donneurs ?

Exactement. C’est une mesure phare dans ce projet de loi bioéthique, c’est une réelle avancée pour les droits des enfants. Par contre, cette mesure pourrait rentrer en application au même moment que l’ouverture de la PMA pour toutes les femmes. Les autres pays européens qui ont levé l’anonymat sur les donneurs de gamètes ont vu les réserves de stocks de gamètes diminuer, puisque les donneurs n’avaient pas forcément envie de lever leur identité. C’est une vraie problématique, puisqu’au moment où le législateur entend ouvrir la PMA pour toutes les femmes, les réserves de gamètes seront au plus bas.

On a mené une étude avec l’Ifop, et aujourd’hui 70% des Français déclarent qu’ils refuseraient de faire un don de gamètes si leur identité était révélée aux 18 ans de l’enfant. Cela nous inquiète, car on sait que tous les gamètes qui sont dans les réserves en France sont anonymes et au passage de la loi, ils ne le seront plus. Les Cecos [Centre d’étude et de conservation des œufs et du sperme humain] devront demander aux précédents donneurs s’ils veulent ou pas lever leur anonymat. On va se retrouver à un moment donné avec la PMA pour toutes, tout le monde va s’en réjouir, mais en fait derrière l’accès sera très difficile.

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