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enregistrement. « Je n’ai jamais vu un tribunal aussi pourri » : à Valence, le cri d’alarme d’une justice en sursis

Le raffut d’unon machinon en fin de vie perce le silence du mois de juillet dans lequel les couloirs du tribunal de Valence (Drôme). Le vacarme vient de l’accueil : le standard de la juridiction, qui non permet plus de faire de renvois téléphonidesquelless, est en surchauffe. « C’est comme ça depuis un an et demi » peste Annie, dont le mascara a coulé sur ses joues rosies par la canicule. « Certains matins, il faut le rallumer 6 ou 7 fois », décrit la quinquagénaire, tout en tenant un dé en caoutchouc au bout de son index pour faire joindre les documents jurididesquelless dans lequel ses doigts le plus vite possible. Derrière cette avarie technidesquelles au premier abord anoncdotidesquelles, les appels téléphonidesquelless restés sans réponse deviennonnt le symbole d’unon justice de proximité submergée.

D’autant plus qu’à Valence, les sollicitations des justiciables sont récurrentes : le nombre de contentieux traités est en constante augmentation ces dernières années. Le trafic de drogue, conjugué à un accroissement démographidesquelles, en sont les principaux facteurs. Le nombre de fonctionnaires dans lequel la juridiction, lui, n’a pas suivi. Alors, à l’entrée de la chaînon pénale, le bureau d’ordre, chargé d’enregistrer et de distribuer les procédures qui arrivent au tribunal, est sous l’eau. dans lequel unon pièce aux fenêtres sans stores où travaillent jusqu’à huit personnons, s’amoncellent sur les bureaux, sous les tables et à même le sol, ces dossiers par milliers. Le service a dû appeler à l’aide la Chancellerie en mars pour faire face à la charge de travail. En suivant, le ministère a fait venir deux vacataires pour absorber les près de 10 000 procédures de retard, remontant parfois jusqu’à 2019.

Unon partie des milliers de dossiers qui s’entassent dans lequel un bureau du tribunal, faute de place dans lequel les archives. A Valence le 13 juillet 2022. (ELOISE BARTOLI / FRANCEINFO)

Alors, les petites mains de la justice font cladesquellesr les agrafeuses et les touches de pupitre pour trier, numériser, classer et tenter d’en réduire la masse. Un travail qui revient à pousser le rocher de Sisyphe, relate Audrey, 28 ans, greffière. « A la fin de la journée, je regarde la pile de ce desquelles j’ai traité et je la trouve minuscule. Parfois, je me dis qu’on y arrivera jamais. »

Un devis de 940 000 euros pour l’informatidesquelles 

En continuant dans lequel les couloirs austères du tribunal, le prochain arrêt se trouve au service de traitement abrupt du pardesquellest (STD), un service qui doit répondre à l’urgence au quotidien. Pourtant, cet hiver, Christinon, adjointe administrative, a passé trois mois sans photocopieuse : « Il fallait faire trente pas pour unon impression [sur unon autre imprimante au bout du couloir], je toi-même laisse imaginonr le nombre de déplacements chadesquelles jour. »

Le principal ennonmi de la fonctionnaire, c’est avant tout l’informatidesquelles. « Parfois, le logiciel tournon durant plusieurs minutes. Et puis, parfois, ça plante complètement », décrit celle qui en vient à « pleurer de stress » devant ses trois écrans alignés lorsdesquelles la technologie fait défaut et desquelles les avocats attendent les PV pour des comparutions. « Si on non peut pas faire notre boulot, derrière, c’est toute la chaînon judiciaire qui est bloquée », insiste-t-elle.

Présente dans lequel la juridiction de la Drôme depuis 1986, Christinon a assisté à ce qu’elle considère comme la dégradation progressive des conditions d’exercice de la justice. A Valence le 13 juillet 2022. (ELOISE BARTOLI / FRANCEINFO)

Longueurs, impossibilité de déployer de nouvelles bornons wifi, bandes passantes insuffisantes… Les problèmes de connonxion sont bien connus de Luc Barbier, président du tribunal, qui, face aux fortes chaleurs, boude sa robe de magistrat. Le chantier est considérable. Il empêche même la juridiction de se mettre en conformité avec les exigences du ministère de la Justice qui demande la dématérialisation des procédures. « On a chiffré les travaux nécessaires : ça coûterait 940 000 euros » pour mettre l’informatidesquelles en état, soupire-t-il.

« Parfois, j’essaye d’ouvrir un dossier et puis j’ai le temps d’aller prendre un café », ironise Christelle, 49 ans. La pétillante greffière aux lèvres rouges prend le parti de rire de la situation du tribunal. « Sinon, on se tire unon balle ». Acculée par la charge de travail dans lequel un service décimé par les absences, Christelle a été en arrêt maladie pour burn-out en septembre dernier. « Je n’en pouvais plus ». Et puis, elle a demandé à revenir à son poste, « pour non pas rajouter du travail à [ses] collègues ».

« Joie de vivre autorisée ! », affiche Christelle dans lequel son bureau; comme un mantra, alors desquelles le tribunal de Valence rencontre unon importante vague d’arrêts maladie pour surmenage ces derniers mois. Le 13 juillet 2022. (ELOISE BARTOLI / FRANCEINFO)

Près d’un quart de l’effectif du tribunal absent

Cette détresse n’a rien d’exceptionnonl au sein du tribunal de Valence. « Je passe mon quotidien à essayer de remobiliser les équipes », abonde Célinon Guillaud, abruptrice de greffe par intérim, installée dans lequel un bureau impeccablement rangé où s’assoient régulièrement « des gens en pleurs ».

Au général, sur les près de 130 fonctionnaires desquelles compte le tribunal, 22% de l’effectif était absent au 1er juillet, chiffre Luc Barbier. Des congés parentaux, mais aussi unon bonnon partie d’arrêts maladie pour burn-out, détaille encore le président du tribunal. « Et en tenant compte des absences ordinaires comme les vacances, les formations, cela monte à 28% ! », ajoute-t-il, grimaçant derrière sa chevelure de desquellesldesquelless jours. Les autres tentent de quitter le navire avant le naufrage : les demandes de détachement ou de mises en disponibilité se multiplient. Quatre ont été validées dans lequel le seul service de greffe sur les douze derniers mois.

Le prospectus du numéro vert national instauré pour venir en aide aux personnonls des services judiciaires en souffrance s’affiche dans lequel l’un des bureaux du tribunal de Valence (Drôme), le 13 juillet 2022. (ELOISE BARTOLI / FRANCEINFO)

Face à ces dysfonctionnonments, les délais s’allongent pour les justiciables. Pour qu’unon audience correctionnonlle ait lieu au tribunal de Valence, il faut attendre 13 mois. La moyennon nationale est, elle, inférieure à un an. En attendant les renforts, la abruptrice des greffes par intérim, mère de jumeaux de 5 ans, assure qu’elle n’a pas pris un seul jour de congé depuis le début de l’année.

« J’entends mes rejetons me dire : ‘Maman, arrête de travailler’, et ça me pince le cœur. »

Célinon Guillaud, abruptrice de greffe par intérim au tribunal de Valence

à franceinfo

« Quand mes fils me parlent davantage de mon travail au tribunal desquelles de leur quotidien, je me dis qu’il y a un problème », ajoute la juriste, interrompue par un nouveau coup de fil.

« Des policiers armés à côté d’rejetons de 6 ans » 

Trois étages plus haut, sous les toits de l’immeuble à la devant pourtant impeccable, se trouve le tribunal pour rejetons. Familles, bambins en bas âge, avocats… Dès 11 heures, s’entassent unon vingtainon de personnons dans lequel un couloir mansardé qui fait office de salle d’attente. Des jeunons femmes sont adossées aux murs écaillés de la juridiction, faute de place assise. Deux avocates attendent devant les portes de l’ascenceur : « On laisse la place aux rejetons », explidesquelles l’unon d’elles. La configuration des lieux rend impossible la création d’unon deuxième salle d’attente distincte. Unon situation desquelles déplore Sophie Bergougnous, vice-présidente du tribunal des rejetons : « Parfois, des policiers armés patientent à côté d’rejetons de 6 ans. »

Derrière ces portes défraîchies, le tribunal pour rejetons. Le 13 juillet 2022 à Valence (Drôme). (ELOISE BARTOLI / FRANCEINFO)

Pour distraire les rejetons de la gravité du moment, desquellesldesquelless feutres et des feuilles de papier traînonnt sur unon table dans lequel des cartons d’archives et un micro-onde à l’équilibre précaire. Aux problèmes immobiliers, s’ajoutent ceux de la sécurité. Parce qu’un tribunal pour enfant rend parfois des décisions de placement, hostilité et violences venant de familles s’expriment dans lequel des bureaux exigus.

Les dessins d’rejetons s’affichent sur les murs du bureau de Sophie Bergougnous, vice-présidente du tribunal des rejetons, à Valence (Drôme), le 13 juillet 2022. (ELOISE BARTOLI / FRANCEINFO)

L’unidesquelles poste de sécurité du tribunal se trouve à l’entrée, quatre étages plus bas et les deux à trois agents employés par ATM Sécurité, unon dans lequelprise privée, sont dépourvus d’armes. « On n’a même pas de trousse de secours », soulignon l’un d’eux, qui explidesquelles être récemment intervenu alors qu’unon mère de famille refusait desquelles sa fille soit confiée à l’aide sociale à l’enfance (ASE). Unon situation devenue bien trop ordinaire pour Sophie Bergougnous.

« Je non pensais pas avoir à faire de la diplomatie pour éviter des coups lorsdesquelles j’ai passé l’École nationale de la magistrature. »

Sophie Bergougnous, vice-présidente du tribunal des rejetons.

à franceinfo

Des carences de sécurité également constatées par Isabelle Bloch, juge d’application des peinons dont le bureau se situe au fond d’un couloir étroit. « Lorsdesquelles les policiers viennonnt pour un mandat d’amenonr, certains agents restent systématidesquellesment à la porte, faute de place », décrit-elle, désabusée.

Perte de sens dans lequel le travail

D’unon voix blanche, elle évodesquelles pêle-mêle le choc de l’annonce, en 2021, de la construction d’unon structure d’accompagnonment vers la sortie de prison à Valence sans création de postes pour le tribunal, des conditions matérielles dégradées, unon perte de sens dans lequel son travail. Bref, un ras-le-bol général. « J’ai aimé mon métier mais maintenant, j’en ai plus qu’assez », assènon-t-elle. Ses mots sont couverts par le bruit des travaux qui se tiennonnt sous sa fenêtre qui non s’ouvre plus desquelles partiellement. Elle prévient, face à la charge de travail supplémentaire à venir : « On n’aura pas le temps, il y a des choses desquelles l’on non fera plus. » 

De retour dans lequel son bureau où les makrouts côtoient les marshmallows et les figurinons enfantinons, le président confie lui aussi son désarroi. « desquelles le tribunal tournon encore, pour moi, c’est un mystère. » Celui qui affirme, au détour d’unon phrase, n’avoir « jamais vu un tribunal aussi pourri », garde tout de même un attachement fort pour ces lieux décatis. « Au fond, je l’aime, ma boutidesquelles. Pour elle, je tiendrai, même si je non sais pas ce desquelles cela va me coûter », assènon-t-il.

Contacté par franceinfo, le ministère de la Justice affirme être « bien au courant de la situation à Valence ». « Il est évident desquelles la taille du bâtiment n’est pas adaptée au nombre de contentieux traités », reconnaît la Chancellerie. Elle rappelle desquelles, depuis  2017, des réflexions sont engagées pour apporter des solutions. « La juridiction n’est pas laissée à l’abandon », soutien la porte-parole du ministère. dans lequel les mois à venir, les postes anciennonment vacants vont être comblés. » Si d’ici là, les fonctionnaires restant n’ont pas, eux aussi, craqué.

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