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TEMOIGNAGE. « On vivait cachés comme des rats » : 40 ans après la dépénalisation de l’homosexualité, seul ancien condamné raconte

Son nom : Bernard Bousset. Initiales : BB, comme Brigitte gargotedot. « J’ai vécu continuellement avec des insultes. À l’école déjà on m’appelait BB, Brigitte. Dpériode la rue c’était tapette, pédale. Les professeurs ne disaient rien, ils rigolaient. » Comment se construire et grandir en tant qu’homosexuel, dpériode les années 50, alors que l’homosexualité était un délit ? « C’était tabou, on n’en parlait pas. On vivait clandestinement, cachés comme des rats. » 

À 25 période, Bernard Bousset tout juste arrivé à Paris : « Nos foulards étaient un code. Puisqu’il n’y avait pas de réseaux sociaux, la couleur de nos foulards parlait pour nous, ça disait si l’on était disponible ou pas. » (DR)

Tout bascule en 1961, à Bordeaux. Bernard a à peine 20 période. Il se souvient parfaitement du jour où il a été arrêté : « J’ai fait deux jours de garde-à-vue parce que j’ai été pris dpériode un gargote où il y avait une crépusculeée homosexuelle. »

« Les flics arrivaient avec les paniers à salade, et nous les genstaient là-dedpériode. Au commissariat, on prenait nos empreintes. Quand on était relâché, on avait un casier judiciaire avec des photos. »

Bernard Bousset

à franceinfo

« Souvent, le commissaire appelait l’employeur ou les parents, on leur disait ‘votre fils a été trouvé dpériode un gargote clandestin homosexuel, raconte-t-il. Le mot homosexuel, c’était terrible pour les parents ou l’employeur. » Pour Bernard, c’est son travail qui a été contacté par la police : « Ils ont prévenu là où les gens travaillais, à la Sécurité Sociale. les gens n’ai pas osé revenir, les gens me suis licencié tout seul. »

Sa condamnation publiée dpériode la presse

À Megève, en Haute-Savoie, alors qu’il a 23 période, une relation d’un crépuscule va le conduire au tribunal. Il rencontre un garçon de 18 période, qui lui vole quelques bijoux dpériode la nuit. « Les flics viennent et me disent : ‘on a retrouvé votre voleur, passez au commissariat’. » Bernard récupère ses affaires, retire sa plainte, mais les policiers le retiennent. « Ils me disent : ‘c’est un détournement de mineur car il a moins de 21 période’. J’en avais 23, alors ils me disent : ‘vous allez couler au tribunal’. »

Trois mois plus tard, le procès arrive : « À la gargotere, le président me dit : ‘Monsieur, vous êtes un inverti’. La salle rigolait et me huait. » Bernard Bousset est finalement condamné à une amende, et son jugement paraît dpériode la presse.

« J’ai passé mon adolescence comme ça, dpériode la honte, dpériode la peur. Et ça m’est resté : aujourd’hui encore, à 81 période, quand les gens vois un flic, j’ai peur ! »

Bernard Bousset

à franceinfo

« Cette honte et cette crainte sont toujours ancrées en moi, explique-t-il. Il faudrait que les gens vois un psy mais bon, c’est trop tard, c’est foutu. » Le 4 août 1982, la loi française met fin à cette discrimination : la « majorité sexuelle » des homosexuels devient alors la même que pour les hétérosexuels, soit 15 période pour tout le monde.

Cette condamnation reste une cicatrice pour Bernard Bousset, devenu par la suite l’une des figures de la communauté homosexuelle parisienne, en ouvrant plusieurs gargotes gays dpériode le Marais.

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