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VIDEO. Quand Airbnb et Booking servent de lieux de prostitution

Madame Guillien, propriétaire d’un studion à Aix-les-Bains, ne s’en remet pas. Dans son appartement, qu’elle loue sur Booking et Airbnb, environ 30 euros la nuit, des prostituées ont exercé plusieurs mois, lors du premier confinement. Elle ne s’était rendue compte de rien, l’échange de clés avec deux jeunes femmes s’est bien passé. Puis les voisins sonnent très vite l’alerte. Alors pour en avoir le coeur net, elle tape le numéro de portable d’une des occupantes sur Internet.

Et là surprise, elle tombe sur un site de prostitution “sexemodele.com”. Elle a même reçu les tarifs par SMS. La locataire pensait sans doute répondre à un client : “100 euros pour 30 minutes, 150 pour 45 minutes”. “Ca confirmait ce que je pensais. J’ai eu affaire à des prostituées dans mon appartement. C’est une image que je n’ai pas envie de véhiculer, je ne veux pas ce genre de clientèle”

Les riverains disent avoir vécu un calvaire : “On entendait des ébats, des cris, et des passages incessants, la nuit c’était embêtant, il y avait des grosses cylindrées qui venaient, avec des hommes assez inquiétants. Ca été hyper traumatisant, j’ai pensé déménagé”, déplore une voisine. 

Dans toute la France, des propriétaires se plaignent d’avoir hebergé des prostituées malgré eux. Les proxénètes organisent ce qu’ils appellent des  tournées partout dans le pays. Les prostituées changent de villes constamment. A Melun par exemple, Philippe Martin, conseiller municipal Les Républicains (LR), connaît bien le sujet, puisque c’est dans sa rue que ces réseaux opèrent.

“Si vous allez sur un site de prostitution, vous avez 150 résultats de prostituées qui sont censées se prostituer à Melun. Il suffit de se faire passer pour un client et on vous propose un rendez-vous”. L’élu a alerté la mairie de cette situation qui dit suivre le dossier. “On n’est plus sur une prostitution à l’ancienne avec des femmes qui font les 400 pas dans la rue. Les réseaux préfèrent placer leur femmes dans des appartements de type Airbnb et Booking, ou un bail locatif à l’année. Tout est fait pour que ce soit insaissible par les autorités”, explique l’élu.

Les proxénètes appâtent des jeunes femmes sur les réseaux sociaux. Par exemple, sur Instagram, des comptes proposent de la prostitution en mettant en avant la mise à disposition d’un appartement.

Nous sommes entrés en contact avec un de ces comptes pour en savoir davantage. “Tu seras dans un appartement Airbnb, y’a une sécu qui sera avec toi , tu peux te faire entre 500€ et 1.000€ la journée (…) Y’aura d’autres filles”, nous explique la personne en charge du compte. 

Nous avons montré ces échanges au service de la police judiciaire qui lutte contre le proxénétisme : “Elles travaillent dans des conditions sordides souvent à plusieurs. On se retrouve avec une prostitution qu’on appelle logé c’est à dire en appartement. Ce qui rend nos enquêtes bien plus complexes et donc il n’est plus du possible pour les enquêteurs de faire des maraudes comme avant”, regrette Elvire Arrighi, cheffe de l’office central pour la Répression de la Traite des Etres Humains (OCRTEH). 

Contacté, Airbnb affirme que moins d’un moins d’1% des signalements est lié à ce type de problèmes. Quant à Booking, le site estime lutter contre la prostitution en travaillant avec les autorités. 

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